Bonjour Nadia,

Dans le genre femme active, on peut dire que tu en connais un rayon. Boulimique de travail, tu es sur tous les fronts. Pas étonnant que ma plume ait eu envie de te présenter à ceux qui ne te connaissent pas. (Mais y-a-t-il encore des gens qui ne te connaissent pas, en fait ?)

Pour ceux qui te découvrent, une petite présentation ?

Nadia Hathroubi-Safsaf : Je suis une jeune femme, enfin le terme jeune est un peu usurpé puisque j’ai déjà 36 ans, qui cumule comme tant d’autres la casquette de maman et de salariée. Mais j’ai la chance d’exercer le métier de mes rêves. Je suis journaliste depuis plusieurs années et même depuis peu rédactrice en chef d’un mensuel en kiosque, Le Courrier de l’Atlas. Je suis également engagée dans différentes associations notamment autour des femmes, des médias.  Je suis ce que ces derniers appellent une femme issue de l’immigration.  Mes parents ont quitté la Tunisie pour venir travailler ici en France. Mais moi, je suis née et j’ai grandi dans le centre Paris.

Tu viens nous parler de ton livre « Immigrations plurielles, témoignages singuliers ». Peux-tu nous en expliquer le thème ?

Immigrations plurielles, témoignages singuliers

Nadia Hathroubi-Safsaf : Comme je le disais à l’instant,  mes parents sont d’origine tunisienne, donc les questions migratoires m’ont toujours particulièrement intéressée. Surtout que l’on n’a de cesse de me renvoyer à cela. Mais c’est vraiment le débat sur l’identité nationale initié par l’UMP en 2010 puis les clichés soulevés par les politiques en recherche de buzz qui ont achevé de me convaincre de traiter ce sujet. J’ai tellement entendu de choses fausses sur l’immigration que j’ai voulu montrer que de tout temps la France a eu besoin de main d’œuvre étrangère pour son développement. J’y évoque les différentes vagues migratoires : espagnole, italienne, portugaise, algérienne, chinoise.

Penses-tu apporter un point de vue nouveau ?

Nadia Hathroubi-Safsaf : C’est un premier ouvrage, sans prétention, car je ne suis ni sociologue ou ethnologue, où n’importe quoi qui se termine en « logue », je suis juste une « passeuse de mémoire » comme me l’a fait remarquer un journaliste.  Ce livre a pour ambition de remettre  l’humain au centre de la question de l’immigration. On parle souvent des immigrés, j’ai donc voulu montrer que derrière ce mot qui semble faire peur, il y des hommes, des femmes,  des tranches de vies, des histoires singulières. Je suis allée à la recherche de  témoignages de gens qui sont venus  en France ou qui ont été chassés par la guerre, la faim, comme Juan ou Anna.

Tu as déjà réussi à trouver un éditeur ! Félicitations ! Comment cela s’est passé ? Démarchage rapide et jackpot direct, ou longue attente avant d’avoir une réponse satisfaisante de la part d’une maison d’édition ?

Nadia Hathroubi-Safsaf : En fait, c’est plutôt une histoire de rencontre. J’ai parlé de mon projet d’écriture  à mon amie et complice Nadia Henni-Moulaï qui est journaliste et auteur. A l’époque, je n’avais pas encore dans l’idée d’aller le proposer à des éditeurs car j’écrivais en parallèle un roman. Elle en a parlé au sien Alain Guillo qui a trouvé le projet intéressant. C’est un homme engagé donc la thématique lui a donné envie de me faire confiance. Et je l’en remercie de tout cœur.

Comment peut-on se procurer ton livre ?

Nadia Hathroubi-Safsaf : Désormais partout sur le net, librairies, grandes enseignes.  Forcément, j’ai une préférence pour les petites librairies.

Et enfin, la question qui tue : quel genre de carburant as-tu consommé lors de sa rédaction ? Chocolat, café, thé, madeleine ? Quelle est la nourriture physique qui entretient ta vaillance intellectuelle ?!

Nadia Hathroubi-Safsaf : L’empathie plutôt. J’aime partager, discuter, je suis une incorrigible bavarde. Sinon mes cuisses peuvent témoigner de la quantité astronomique de chocolat que j’arrive à avaler dans une seule et même journée.

Nadia, merci de tes réponses et si tu veux rajouter quelque chose, tu es ici chez toi…

Merci  à Drôle de Plume de m’avoir invité à parler de mon livre. On se retrouvera peut-être autour d’un projet d’écriture. Tu as d’ailleurs réalisé un de mes rêves en écrivant un livre pour enfant.

 

1 Comment

  1. Très belle interview, article donc magnifique pour une auteure qui n’a pas dit son dernier mot ! Nadia, en dehors du fait d’être auteure chez moi, est une femme dont l’exigence se confond avec un profond respect des autres. Elle a une belle âme comme j’aime à dire. Je suis heureux de cette magnifique rencontre éditoriale et humaine !

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