RCIU

RCIU : ces quatre lettres ont changé mon destin mais aussi celui de ma fille, qui, en quelques secondes, a vu sa vie basculer.

Maman attentive, j’avais pourtant tout fait pour que ma grossesse se passe bien et je ne m’étais pas préparée à subir de plein fouet cet ennemi contre lequel on peut difficilement lutter : le retard de croissance intra-utérin.

À l’annonce du verdict, mon premier réflexe a été de regarder sur  Internet. À peine ces 4 lettres de l’horreur rentrées dans le moteur de recherche et j’ai compris ce qui allait se passer.

“Mort in utero”. “Séquelle grave.” “Prématurité extrême.”

Quoi ?! Ma fille n’est même pas à 6 mois de grossesse ! Que va-t-il se passer ? Que va-t-on me faire ? Pourquoi moi ?

Les mots du docteur résonnent encore dans ma tête 7 ans après : “la faute à pas de chance, Madame. Un RCIU aussi sévère est rare et irréversible.”

600 grammes. Ma petite chérie est estimée à ce poids dérisoire. Elle ne reçoit plus depuis des semaines assez de nutriments pour se développer. Son cerveau reste le seul organe à être préservé. Elle lutte en silence contre un ennemi que sa propre mère a généré. Mes artères utérines ne fonctionnent pas comme il faut. Elles privent mon bébé et ne lui apportent que le strict minimum pour que son petit coeur tienne encore un peu.

Le 05 septembre 2006, mon rendez-vous avec l’obstétricien marque le début de la traversée du désert. RCIU sévère confirmé, il faut agir vite. Le monitoring affiche clairement que le coeur de mon bébé va s’arrêter. Il s’approche dangereusement de 50 pulsations / minute, un chiffre plus qu’alarmant. Il remonte vaillamment mais s’effondre trop régulièrement.

Ma fille est condamnée. Elle ne peut pas rester dans cette prison qui l’asphyxie, cet endroit qui se voulait douillet a refermé ses barreaux sur elle et l’empêche de s’épanouir.

Il n’est pas question de laisser faire cela. En quelques heures, on me prépare à l’impensable : sortir mon bébé à 6 mois de grossesse. Le priver de 3 mois encore avec moi. Le placer dans une couveuse relié à des tas d’appareils, l’intuber, le piquer pour trouver ses minuscules veines.

Pendant 3 mois, son petit berceau a attendu dans un coin. Le petit corps de ma fille, coincé entre l’ombre et la lumière, a laissé son empreinte à jamais dans l’esprit de son père et moi. Nous l’avons vu partir, sous nos yeux. Son coeur s’est arrêté, fatigué de lutter depuis toutes ces semaines.

“Sortez tout de suite, Messieurs, Dames.”

La machine hurle. Pas autant que nous.

Plus jamais cela.

Parce que le RCIU peut frapper n’importe qui, n’importe quand. Parce qu’il est responsable de décès in utero. Parce qu’il faut en parler parce qu’il est méconnu et peut conduire à des pertes irréparables.

Pour Prem’up.

 

1 Comment

  1. Une épreuve terrible…elle me rappelle mon petit-fils! Comme ce petit, qui n’a même pas pu ouvrir les yeux, me manque!
    Merci d’avoir partagé cet épreuve avec nous
    Bisous ma douce amie,

id et, dolor vel, mattis consectetur eget in ultricies venenatis, sit nunc