Journée mondiale de la prématurité…Journée de…

En temps normal, je n’aime pas cette appellation, simplement parce que le thème de la journée doit être dans les esprits tous les jours et non pas connaître un bref moment de mise en lumière. Je vais tout de même vous révéler un fait marquant de mon passé : la prématurité a touché ma fille de plein fouet. Aujourd’hui, je quitte mon costume de rédactrice web freelance pour ouvrir une parenthèse sur ma vie de maman…

Depuis quelques années maintenant, je multiplie les articles pour sensibiliser les gens à propos du retard de croissance (RCIU), ce mal sourd qui prive nos bébés des éléments vitaux à leur croissance. J’ai eu la chance par exemple de pouvoir en parler sur le Huffington Post et de voir mon article traduit en Anglais sur la version américaine du journal

Pour comprendre ce qui s’est passé, il faut remonter 10 ans en arrière. J’ai 25 ans et je suis enceinte de 5 mois lorsque je passe une échographie qui n’alarme pas le cabinet où je consulte. J’entends encore le docteur me dire : “votre fille est un peu petite, mais votre mari et vous n’êtes pas bien grands…”

Si lui semble prendre cela à la légère, ce n’est pas mon cas. Je consulte Internet, creuse plus en profondeur au sujet du retard de croissance intra utérin et le chaos s’étale au fil des pages web. “Mort”, “grande prématurité”, “hospitalisation”, “souffrance foetale”. Je commence à paniquer et contacte ma gynécologue pour un rendez-vous en urgence. Elle consulte mon échographie et confirme mes craintes : cela pourrait être un RCIU mais à ce stade de grossesse, il est plutôt rare. Il faut donc procéder à un examen de contrôle, 3 semaines plus tard pour voir comment ma fille évolue.

Je change de cabinet d’échographie, le premier ayant raté une suspicion aussi grave et réalise un nouvel examen. Les résultats sont catastrophiques : ma fille s’éloigne de toutes les courbes de référence. Elle est tombée à moins du 3ème percentile de croissance, autrement dit pour 100 bébés au même terme de grossesse, moins de 3 présentent les mêmes mesures. Il y a un problème.

Je passe donc avec l’obstétricien du CHU de Bordeaux qui, à la vue de mes résultats, me demande de faire ma valise et de revenir tout de suite. Je suis en état de choc. J’ai 25 ans, c’est mon premier bébé et ma fille va naître très prématurément. Une fois hospitalisée, je subis pas mal de tests et monitoring : tous confirment l’urgence et le diagnostic tombe : RCIU sévère.

Ce sont mes artères utérines qui fonctionnent mal. Le placenta ne joue pas son rôle et condamne mon bébé contre ma volonté. Je n’ai pas le choix : la césarienne en urgence se profile, c’est une question de minute maintenant.

Prématurité.

Tout ce que j’ai lu sur le web se passe sous mes yeux. Ma fille naît à 27 SA+5 avec un poids de 570 grammes. Encore aujourd’hui quand je l’écris, je me sens coupable. Nous avons vécu 3 mois à l’hôpital, multipliant les allers-retours, suspendant notre souffle à chaque appel passé.

Nous avons entendu les alarmes de détresse se substituer aux cris de notre fille pour signaler un problème. Nous avons poussé les portes d’un univers que nous n’aurions jamais du voir et encore aujourd’hui, il nous hante sous forme de flash. Je crois que l’on ne ressort pas indemne de cette épreuve que représente la grande prématurité. Les stigmates du passé nous happent par à-coups.

Aujourd’hui, c’est la journée dédiée à la prématurité. Je compte bien en parler plus que cela, tenter de sensibiliser les futures mamans au retard de croissance in utero et croyez-moi, j’ai des idées…

 

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