En lisant le dernier billet de mon amie et consoeur Morgane Sifantus, j’ai eu envie de rebondir sur ce qu’elle a (d)écrit. Quand, professionnellement, on a un statut “à part”, mal appréhendé par une majorité de la population, on peut se sentir “traqué”, jugé sur tout son travail, surtout si celui-ci est accessible aisément.

Le regard des autres : un frein à transformer

Je suis bien placée pour savoir de quoi je parle. Installée confortablement sous un store-banne bien agréable (oui, je vous ai mis un lien, parce que c’est fort utile, un store-banne, surtout en plein été quand le soleil tape dur et que vous avez consommé votre capital bronzage), j’écris.

De l’extérieur, n’importe quel passant peut penser que je paresse sur un transat, regardant un film qui n’élève pas la réflexion à un degré philosophique. Le regard de l’autre sur moi s’arrête à mes doigts qui tapent frénétiquement du texte sur un clavier : “mais que fait-elle ?”, “c’est quoi ces chroniques qu’elle écrit ?”, “c’est son boulot, ça ?”, “oser écrire du contenu web humoristique pour les professionnels, c’est n’importe quoi !”.

Car oui, dans l’idée de ce que je me fais du regard de l’autre, je me figure des pensées négatives. Je pense que le tourbillon des mots dans la tête du passant se résume à un vaste brouillard où prédominent deux grands axes : “écrire pour le web, c’est un passe-temps” et “ce n’est pas avec cela qu’elle va faire bouillir la marmite”.

Vous voulez que je vous dise : cela m’est complètement égal. Quand j’ai décidé d’orienter Drôle de Plume vers une approche originale / décalée / insolente, je savais que cela ne plairait pas à tout le monde. Mais je présumais aussi que les gens voulant dégager un univers plus personnel et facétieux via leurs écrits se tourneraient vers mes services. Et c’est cela qui compte, non ?

Tracer ma route avec mes convictions, suivre mon chemin en n’écrasant personne tout en laissant éclater mes imperfections…

Autrui voit quand je trébuche, peut-être se moque-t-il ou est-il compatissant ? Mes chroniques humoristiques le laissent de marbre ou au contraire, il les aime bien…

Le regard de l’autre transperce mes doutes, il les met à nu mais je m’en sers pour m’en faire une cape et ressortir plus forte et mieux armée.

Est-ce que je regrette d’avoir changé de voie ? D’être passée d’assistante commerciale à rédactrice freelance ? Certainement pas ! Je rédige des textes toute la journée et j’adore cela.

Même si cela peut être perçu comme un passe-temps, même si le miroir humain ne me renvoie pas une image très positive, même si certains mois sont plus difficiles que d’autres…J’expose mon travail aux yeux de mes clients, mes chroniques humoristiques au regard des lecteurs et mes imperfections à la face d’internet, de Facebook et de tous les réseaux où cela peut être tweeté, partagé et amplifié de manière parfois galvaudée.

Le regard de l’autre, c’est après tout ma propre vision de moi-même : apprendre à extirper le positif du cocon négatif où il est enfermé et le faire exploser aux yeux de tous pour que, peut-être, le passant voit autre chose qu’une fille qui pianote sur un ordinateur sans âme….

 

 

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